1er challenge de Carthage sur les projets innovants à l’Ihec
Fortifier le lien entre l’université,
l’entreprise et le marché
[20-05-2005]
Un concours pour mettre en lumière l’effort fourni par les jeunes promoteurs de projets innovants. L’objectif est de soutenir la création de PME innovantes dans divers secteurs.
Dans le but de promouvoir et d’encourager la création de PME innovantes, et conformément à la politique économique tunisienne en matière d’emploi et de croissance, l’Ihec a organisé dernièrement la première édition du challenge de Carthage sur les projets innovants.
Parmi les institutions universitaires participantes, citons l’Insat, l’EPT et l’Inat, ainsi que l’université de Paris-Dauphine, l’Institut national Telecom Management d’Ivry et l’Université catholique de Louvain (Belgique).
Cette présence universitaire massive et enrichissante a pour avantage de fournir aux participants à ce challenge les outils théoriques et pratiques afin de préparer et de monter un projet innovant dans des domaines différents : les nouvelles technologies de télécommunication et les services innovants, ainsi que l’agriculture et l’environnement.
En quoi ce challenge, qui s’inscrit dans le programme “Tempus” (financé par l’Union européenne), serait-il utile pour les futurs managers de projets innovants ?
M. Mohamed Goeïed, directeur de l’Institut, juge «louable et bénéfique l’organisation de ce challenge. Nous avons confirmé les orientations de l’Etat en matière de formation, d’encouragement et de suivi des étudiants motivés par la création de leurs propres projets dans le domaine de l’innovation.
Nous avons assisté à une minutieuse préparation des plans d’affaires des projets, et à une bonne qualité de communication de la part des étudiants ciblés.
C’est un concours assez sélectif avec deux niveaux de tri et des critères scientifiques de choix.
Cela nous encouragera à mettre en place un mastère spécialisé en création d’entreprise et ingénierie entrepreneuriale.
L’université tunisienne est désormais appelée à accompagner l’évolution de l’innovation dans le monde et à concrétiser le bond de l’économie tunisienne au niveau de la création des projets innovants».
A la recherche de la pluridisciplinarité
L’idée du challenge est simple : un ensemble d’encadreurs suivent la préparation des plans d’affaires des projets candidats.
Plus de 50 candidats, venus d’horizons différents (étudiants à l’Ihec et des autres universités impliquées), se sont organisés en équipes de travail de 4 à 5 candidats, et ont dû présenter en une semaine un plan d’affaires détaillé qu’ils ont exposé par la suite devant un jury professionnel et académique.
La présence, dans ces équipes de travail de futurs managers et de futurs ingénieurs, étant ciblée.
On cherchait alors la complémentarité entre deux éléments indispensables à la réussite d’un projet d’innovation : d’une part, la facette technologique et technique et, d’autre part, la facette manageriale (prévision, étude de marché, analyse des coûts…).
Le but étant d’atteindre la complémentarité dans ces équipes de travail mixtes?
C’est ce qu’on appelle retrouver la pluridisciplinarité et la transdisciplinarité, deux atouts de réussite des projets.
Les 13 projets en lice ont été évalués dans un premier temps par des chercheurs puis par un jury de professionnels (managers, sicaristes, banquiers…) et d’enseignants.
L’équipe candidate devait exposer et présenter l’intérêt de son projet. La communication était donc un facteur décisif dans la procédure d’évaluation.
Quels sont les critères utilisés pour départager les projets du concours ?
Michel Sahu, professeur à l’INT et membre du jury, analyse les critères de sélection des projets candidats : «Nous avons cherché dans chaque projet candidat le degré d’adéquation entre le produit (ou le service) et le marché.
C’est-à-dire à quel point l’innovation présentée répond-elle à l’adaptation à l’évolution de la technologie utilisée.
A part la faisabilité du projet, on a insisté sur l’obligation d’innovation dans chaque projet. Il fallait que ces projets apportent une nouvelle idée, une nouvelle méthode, qui lui permet de se mettre en valeur par rapport à ses concurrents. La communication, c’est aussi un critère pris en considération.
Les candidats ont accompli de gros efforts dans la manière de présenter les points forts de leurs projets.
Je crois que ce genre de projets a de fortes chances de réussir dans le contexte d’une économie émergente comme l’économie tunisienne.
L’utilisation des moyens de télécommunication comme Internet devra faciliter le succès et l’évolution des projets innovants en Tunisie.
Bref, j’ai pu déceler le sérieux et la qualité des projets et des candidats malgré le peu de temps dont ils ont disposé. Il faudra soutenir ce challenge et motiver les étudiants à prendre ce chemin».
Développer la notion d’incubateur
Organiser un concours et aider les futurs créateurs de projets innovants est-il suffisant?
Ce challenge est une première étape qui devra aboutir à la mise en place de tout un système d’accueil, de soutien, de motivation, d’encadrement et de suivi des projets innovants.
Jacques Arlotto, enseignant et responsable du challenge de l’INT Ivry, qualifie de «judicieux de mener une action de sensibilisation sur l’importance de l’innovation.
Les projets présentés étaient applicables et forts de leurs idées et objectifs.
Il faudra élargir la base des participants et atteindre un contingent plus important pour garantir une meilleure sélection.
L’Ihec et les autres institutions présentes devront intensifier la collaboration avec les universités européennes qui ont une expérience dans ce domaine.
Mais je pense que l’action la plus urgente à mener est le développement de la notion d’incubateur au sein de l’Ihec. Cette notion consiste à offrir aux étudiants-candidats une structure de motivation et un encadrement pédagogique de manière à faciliter l’accès aux sources de financement et aux fournisseurs potentiels.
L’incubateur aidera les promoteurs de projets retenus à entamer la démarche de mise en application. Nous devons leur offrir l’appui relationnel et moral qui les guidera vers la meilleure façon de commencer un projet innovant».
Entre enthousiasme et apprentissage, le premier challenge de Carthage aura mis en évidence la tendance irrévocable vers l’innovation et vers les projets innovants porteurs d’emploi, de richesse, de flexibilité et de modernité.
Le grand apport de ce concours est, sans doute, l’expertise gagnée par les étudiants (en management et en technologie), les encadreurs et les professionnels présents. Le choix économique tunisien d’encourager la création d’entreprises se voit renforcer par ce challenge.
Le projet lauréat n’est pas le seul bénéficiaire de ce challenge. Au contraire, on doit penser à l’ensemble des efforts, des idées et au débat riche qui a eu lieu autour de l’innovation. C’est une porte ouverte sur le marché et sur un nouveau mode de créer la valeur.
Le plus important sera de fortifier le lien université- entreprise-marché, dans le but de former de futurs managers et professionnels en innovation.
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